Les Templiers, 25 Octobre 2009

Bonjour,
Et oui, déjà 15 jours d’écoulés et toujours pas de CR en vue… Je répares l’erreur aujourd’hui, car j’ai du temps d’une part, et parce qu’il pleut et que du coup je n’ai pas prévue d’aller faire du VTT
Samedi 24 :
Un départ en famille, à 14h tapantes au clocher de L’Arbresle. Une route sans encombre, une pensée pour Lolo et Ben lors de la traversée, interminable d’ailleurs, du Puy en Velay, et une arrivée à 19h20 au camping de St Rome de Tarn. Nous rejoignons rapidement Jean-Mik et Arthur, puis faisons connaissance avec Yannick et surtout sa petite famille. Organisation de la journée familiale pour nos 2 épouses (avec les enfants), et préparation des sacs pour nous, avec l’éternel dilemme sur le choix de la tenue. La pluie devrait nous épargner mais pas plus de certitudes sur le reste… Et puis 70km c’est long, quel sera le menu météo de l’AM ???
Une platée de pâtes plus tard, nous voilà au lit, non sans avoir programmer 2 réveils et mis à jour les montres. Ben oui, c’est le changement d’heure, donc on est quitte pour dormir une heure de plus, cool, une bonne nouvelle
Dimanche 25 :
Je vous épargne les détails du matin, pour passer directement au trajet. Assez hallucinant de voir un cortège de voitures sans fin se déplacer en direction de ce petit village de Nant. Celui-ci étant situé au fond d’un vallon, nous apercevons de tous côtés les files de voitures qui convergenet vers ce lieu, afin de prendre part à cette fête du Trail. Pour autant, nous nous garons sans difficulté, à environ 1km de la ligne.
Je suis bien entendu le dernier à fermer mon sac, il faut bien qu’il y en ait un, alors je me dévoue et j’avoue, j’aime bien me faire désirer
A 4h50, nous sommes proche de la ligne et j’ai le plaisir de rencontrer Kristof, et de converser avec lui quelques instants. Ce fut très bref et c’est bien dommage, j’espère bien te revoir un de ces 4, plus longuement
Malgré une préparation plutôt bien mené, je ne suis pas fier et je ressens, enfin, la pression monter. Je n’ai qu’un seul objectif, franchir la ligne. Le chrono m’importera peu, même si j’ai dans l’idée de boucler le tout en 11h30. Les interviews des champions se succèdent, puis le village se taît, la musique s’emballe, les fumigènes illuminent les ruelles et c’est parti.

Juste avant le Départ...
Le début de course est plutôt calme. Je fais attention à ne pas trop en faire, et laisse filer mes camarades qui s’enfuient dans la nuit. L’ambiance est agréable, le long ruban de frontale me rappelle la SaintéLyon, même si je ne ressens pas la même émotion. Il faut dire que la T° est plus qu’agréable et que le T-Shirt est largement suffisant pour le moment !!!! Je suis bien dans ma course, je ne me soucie, presque, que de moi et trace ma route dans la nuit. Je surveille très régulièrement mon cardio et tout va bien aussi de ce côté là.
Une petite pause pipi, entre les 2 tunnels, et Yan42 me rejoint, tiens, il était derrière !!! Sauclières se présente à nous après 1h50 de course. Une bouteille d’eau, un gel et nous poursuivons sans nous arrêter. Alors que le jour se lève, Nous sommes toujours ensemble, depuis quelques kilomètres maintenant, et Jean-Mik nous rejoint dans l’ascension du St Guiral. Le jour se lève doucement et nous apercevons déjà les premiers paysages. Dès lors, je ne vais cesser de m’émerveiller pour cette nature sauvage et magnifique, parée de ses couleurs d’automne.

Depuis le St Guiral
La longue procession se poursuit, toujours en compagnie de Yan42 et de Jean-Mik, qui s’éloignent et se rapprochent au gré des passages étroits dans lesquels nous sommes en file indienne. Vient la première grosse descente technique. Je me lâche comme un cadet. Pour moi, qui n’est pas vraiment bien regardé le road-book, Dourbies est au pied, alors je lâche les chevaux et prend un pied d’enfer, un régal. On traverse le pont, je récupère et attaque une montée « Dré dans le pentu ». Tiens c’est bizarre ça, je l’ai pas vu sur la carte… Une fois au sommet, et même si tout va encore bien, Dourbies se fait un peu languir et j’attends le ravito avec envie ![]()
Ca y est, j’y suis enfin. Remplissage de camel, avalage de soupe, un demi-verre de coca, il manque du jambon et…des vache qui rit, que je regrette, une vraie déception
Je prends le temps deme déchausser et de remettre de la NOK sur mes pieds. La pause dure en tout 18′, ce qui reste correct, et je repars à l’assaut du Suquet. 3Km et 500m de D+ à avaler et il me faudra à peine 45′ pour atteindre le sommet. Tout le temps de maudire mes petits camarades qui m’ont déconseillés de prendre les bâtons. Put.. les cons, comme je regrette de les avoir écouter !!!
Le plateau, pas très long, et nous attaquons la longue descente « technique » nous amenant jusqu’à Trèves. Je me fais une nouvelle fois plaisir, je suis bien mais j’ai de plus en plus de mal à avaler du sucré et ça me chagrine un peu. La fin de ce tronçon s’avère finalement laborieux mais la foule présente me porte et je me force à ne pas marcher avant la zone de ravitaillement. 13′ de pause et le même rituel : Dilution de la boisson dans le bidon, avalage de soupe, petite tartine de kiri, je ne tente pas le roquefort, peut-être aurais-je dû, et je rajoute là dessus une petite séance d’étirements.
Je repars cette fois-ci à l’assaut de la grimpette que je sais plus courte. En fait, il me faudra quasiment le même temps pour arriver en haut, la faute à mes quadris qui, malgré les étirements, me lancent de plus en plus et m’empêchent de dérouler ma foulée. Et puis ce que je craignais arrive, j’ai mal au bide. Je me sens ballonné, pas au point de ne pouvoir avancer mais c’est pas la grande forme. Je bois par petites gorgées, plus de boisson, juste de l’eau et je grignote un biscuit récupéré au ravito.Sur le plateau, impossible de relancer l’allure, je me traîne et finit par m’arrêter pour une longue pause. J’admire le paysage mais le coeur n’y est plus, j’ai envie de m’arrêter et envisage sérieusement l’abandon. Et puis, je repense à ma belle-mère, disparue il y a presque un an. Je me dis que je ne dois pas me plaindre d’être là où je suis. Que mes douleurs ne sont pas méchantes et que je n’ai pas le droit de m’arrêter maintenant. Arthur, lui aussi en délicatesse avec ses intestins, me rejoint et m’encourage à repartir. Un coup de fil de Biscotte fini de me redonner le moral et me voilà relancer, enfin, reparti c’est déjà pas mal, en direction de Cantobres et de son ravito. La gorge que nous devons descendre puis remonter sera terrible, une horreur même mais ça passe. Heureusement que je suis dans la file et que cela me force à garder un rythme régulier, car je suis de nouveau obligé de m’étirer, 2 fois…
Finalement, mes intestins vont mieux, j’avale un gel qui passe plutôt bien, et me donne un coup de boost pour courir sur la 2° partie du plateau, et attaquer la dernière descente pied au plancher. Je ne suis plus « vraiment » à une place correspondant à mon niveau, sans prétention aucune, et du coup je galère pas mal à dépasser des coureurs peu à l’aise, ou plus prudent, ou qui insistent avec leurs bâtons sans qu’ils leurs soient vraiment utiles… Je prends quand même du plaisir, profite de la vue magnifique et je relance dès le pied pour arriver à 16h au ravito, soit 30′ avant la barrière horaire. Je prendrais 28′ de pause ici : Nok, Soupe, Camel, Boisson (au cas où), Thé, Kiri, pain d’épices, étirements et changement de la pile du GPS. Je retrouve du courage pour affronter la fin du parcours, la ligne d’arrivée n’a jamais été aussi proche et je suis prêt à aller la rejoindre. Les bénévoles nous annoncent seulement 8km, ça me va bien ![]()
Je repars enfin, et croise à l’entrée des gorges, le camion des pompiers qui ramènent un malheureux coureur qui s’est brisé la cheville. Des marches, très très hautes, de gentils spectateurs qui nous aident à les franchir, passage sous un pont : « Vous avez encore un peu de soleil là haut ??? « Oui, oui, un temps superbe »
![]()
Le faux plat dans la forêt, avant la tente des secouristes, me permet de reprendre quelques coureurs mais qu’est ce que j’aurais aimé avoir les bâtons à ce moment là… Je maudis une nouvelle fois mes copains, qui sont en train de m’attendre à l’arrivée. Nant s’offre enfin à nous, le faux plat montant devient descendant, la vue est splendide, je prends le temps d’immortaliser l’instant. Et je me lance à l’assaut de la dernière descente, encore une fois comme un cadet. Je dépasse pas mal de monde, j’attrape la corde, si elle est là autant s’en servir, et je fais l’extérieur
Je crie : « Allez, on pense à la bière qui nous attend », je plaisante d’ailleurs avec une jolie demoiselleà ce sujet : « Il faut pas grand chose pour faire avancer un homme n’est ce pas ??? », elle sourit en levant les yeux au ciel et on éclate de rire !!! Plus loin, je lance : « Encore 7′ pour faire moins de 13h, on trottine, allez, allez » et je double

Vue sur Dourbies
Le pont, la dernière montée, je cours en hurlant : « Celle là je ne marche pas », des gens crient mon prénom, je suis heureux, fourbu mais heureux. Je franchis la ligne au moment de la remise du trophée au Team Raidlight pour sa victoire dans le Challenge « 4-3-2-1″. J’ai donc moi aussi gagné, c’est cool
Je récupère mon maillot finisher, ma médaille, je file faire soigner mon ampoule au talon, qui me tiraille depuis la première descente, et retrouve enfin mes camarades. Tous sont rentrés à bon port, ce qui fait que l’ambiance est vraiment très très bonne à table. Je ne suis cependant pas dans mon assiette, et ne profiterais pas du repas ![]()
Trajet du retour sans encombres, mais que c’est long, bien plus que ce matin !!!! Je prends une crampe aux 2 quadris en montant dans le camping-car, file sous la douche et me retrouve dans les bras de Morphée sans même m’en rendre compte.
Lundi 26 :
La nuit sera réparatrice, les jambes sont dures au réveil mais rien de méchant, loin de ce à quoi je m’attendais. Au menu du petit-déjeuner, Pain/Beurre Salé/Jambon Cru – Soupe/croûtons et Roquefort, c’est bon le salé ![]()
Petite balade le long du Tarn, repas convivial en terrasse, avec vue sur le Tarn, nettoyage, rangement et nous revoilà sur la route du retour. Des souvenirs pleins la tête, je suis vraiment ravi de cette expérience. J’ai encore beaucoup appris sur moi, et touché mes limites du doigt avant de les « repousser ». Je suis sur le nuage classique d’après course et même le relatif raté de ma course est compensé par l’immense satisfaction d’être allé au bout.

La Cascade de St Rome de Tarn
La saison de Trail est maintenant terminée. Une année pleine de réussites, dans tous mes projets. J’ai beaucoup appris sur moi, accumulé une grosse confiance, une grosse expérience, bref, je suis content de 2009. Mais je ferais le bilan en Janvier, car pour le moment, ce sont les cross qui démarrent donc à très bientôt pour de toutes autres aventures.
@+, Taz le Diable, Heureux

Hier n’existe plus.
Demain ne viendra peut-être jamais.
Il n’y a que le miracle du moment présent. Savourez-le, c’est un cadeau.
Marie Stilkind
novembre 7th, 2009 at 20:41
Dommage que tu n’aies pas pu faire plus de photos… mais dommage surtout que tu n’aies pas pu en profiter plus de ces Templiers, à cause de ton mal au bide… Bravo pour ta course, en fait c’était ta course d’entrainement pour la saison des cross hein ?
)))
novembre 8th, 2009 at 9:17
Peut-être pas, mais pour en profiter, je suis quand même resté sur le parcours près de 13h, ça m’a laissé un peu de temps
Par contre je regrette aussi de ne pas avoir fait un peu plus de photos… Va falloir y retourner
novembre 8th, 2009 at 17:40
« Une route sans encombre, une pensée pour Lolo et Ben lors de la traversée, interminable d’ailleurs, du Puy en Velay, »
T’aurais pu dire que c’était beau
Dommage pour ce mal de ventre qui me rappelle quelque chose, à croire que cette montée du Suquet est maudite !
Bravo pour ta course ! A bientôt.
novembre 8th, 2009 at 23:05
C’est vrai, la ville vaut surement le détour. Mais quand même, on y est resté au moins 15′
@ Très bientôt même
novembre 11th, 2009 at 15:01
félicitations « l’arbreslois »!!
ça donne envie ces templiers
l’année prochaine moins de bouchons avec le déplacements à millau
va falloir de calmer dans les descentes si tu veux pas avoir les quadri en feu!!!!
@+
novembre 12th, 2009 at 10:23
Merci pour cette superbe ballade et bravo d’être allé au bout !
Moi j’dis que ça vaut mieux que de se geler/brûler les cuissots en cross !!!
novembre 12th, 2009 at 13:28
Encore une fois, je te félicite pour ta course et ton courage ! Bravo !
novembre 12th, 2009 at 20:45
« Je suis sur le nuage classique d’après course et même le relatif raté de ma course est compensé par l’immense satisfaction d’être allé au bout. »
Pareil !!!
Bon j’ai vu que tu avais déjà attaqué les cross, c’est que les jambes n’ont pas trop souffert dans le Causse !!
a+
novembre 12th, 2009 at 21:44
@ MamanPat : C’est pas pareil, mais j’avoue que les Cross, c’est un peu comme un premier amour
Les souvenirs du collège et du lycée qui remontent à la surface à chaque fois que j’en entends parler, c’est vraiment un truc particulier et j’adore 
Et puis il y a le fait que l’on court aussi, et surtout, pour son équipe, club… C’est très grisant même si parfois ça te met la pression
@JY : Merci
@ Yanshkov : Tout bien comme il faut la récup, ça tourne rond et pas de douleurs particulières
novembre 13th, 2009 at 11:58
J’ai enfin pris le temps de tout lire …
On aura passé un excellent weekend. Je suis d’autant plus satisfait que c’était la dernière édition à Nant. Du coup on va être obligé d’y retourner pour comparer …
Monsieur se lâche dans les descentes … copieur. Pourtant tu sais bien que ça fait mal aux cannes.
Il n’y a bien que Biscotte pour être raisonnable en descente (et il à raison le bougre).
Quand aux bâtons, tu rigoles, c’était tout plat !
novembre 13th, 2009 at 13:56
@ Arthur : Oui, un WE exceptionnel par l’amitié et la bonne humeur qui s’en est dégagé, mais aussi par le plaisir que j’ai pris sur cette course. Sinon, quand j’y repense, je n’échangerais pas ma descente sur Dourbies contre un chrono de 10h… Ca fait mal aux cannes, mais putain que c’est bon

Pour ce qui est d’y retourner, dans quelques années pourquoi pas. Il y a pleins d’autres choses à faire avant
Enfin, concernant les bâtons, ne me cherche pas ou tu vas en prendre un retour…